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Aventure en Guyane
à l’époque où la jungle était intacte

10 ans de vie de Robinson en Guyane à une époque ou la Jungle était encore intacte et témoignage sur sa destruction.

Le pécari, pakira ou cochon bois
Pécari tajacu

On trouve en Guyane deux espèces de pécari, le pécari à collier ou pakira et une sous-espèce, le cochon-bois.

Article mis en ligne le 26 juin 2016

par Christian Voillemont
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Les forêts guyanaises abritent deux variétés de pécaris, le pécari à collier et une sous-espèce :

  • Pécari tajacu ou pécari à collier avec un collier blanc appelé localement Pakira
  • Pécari tajacu patira, plus gros, appelé cochon bois, couleur sombre uniforme.

Appelé cochon-bois ou pakira, le pécari était un animal autrefois très répandu en Guyane. Il ressemble à un petit sanglier avec un collier blanc, pour le pécari à collier. Trapu, massif, il vit en bande de quelques dizaines à une centaine d’individus.

La reproduction des pécaris a lieu vers le mois de mai. Les mâles atteignent leur maturité sexuelle vers l’âge de 11 mois, les femelles vers 8 à 14 mois. Chaque groupe est dirigé par un mâle dominant. Il est le seul qui peut se reproduire. Il tolère les autres mâles, mais il leur interdit d’approcher les femelles. La femelle donne naissance à deux à trois petits, rarement quatre. La durée des gestations oscille entre 140 et 150 jours et les femelles deviennent aptes à la reproduction autour d’un an. Si la durée de vie d’un pécari tourne autour d’une dizaine d’années en forêt, en captivité, il peut vivre jusqu’à 25 ans.

La harde est cimentée par des liens très forts entre les individus. Décimées par la chasse, les rares hardes qui survivent ne comptent maintenant que peu d’individus, entre 5 et 20 individus. Autrefois, il était courant de croiser des hardes de plus d’une centaine de cochons-bois.

Les vieux mananais vous le confirmeront, des migrations de milliers d’individus avaient lieu tous les ans dans la région de Mana lorsque les Awaras avaient leurs fruits. Des milliers de pécaris traversaient le village pour aller faire bombance et les chasseurs prélevaient leur dîme au passage.

J’ai croisé une harde d’une centaine de pécaris en 1979 dans les Tumuc-Humac et j’ai compris ce jour la crainte qu’une telle bande pouvait inspirer. Puissants, ils retournent tout sur leurs passages et représentent un danger certain. Ils ont traversé le campement, renversant tout sur leur passage. Je dormais paisiblement dans mon hamac lorsque les premiers coups de feu affolèrent la harde qui s’enfuit détruisant tout sur son passage. Un pécari heurta mon hamac et je fis un bond en l’air ! Les pécaris en tas que l’on voit sur une photo ci-bas ont fini au mess des officiers du Bima qui a dépêché un hélico pour aller les chercher.

Plusieurs amis broussards et moi-même avons été attaqués par ces irascibles cochons. Un ami a même été blessé grièvement et ne dut son salut qu’au fait qu’il a trouvé assez de force pour monter dans un arbre. (Voir les premières aventures de Monique).

Ils sont principalement actifs de jour du matin au lever du jour à midi. Ils fréquentent principalement les zones de forêt de terre ferme et plus rarement en zone humide. Omnivores, ils se nourrissent de végétaux, racines, fruits, mais aussi de lézards, serpents... on reconnaît facilement les traces de leurs passages, car le sol est comme labouré sur de vastes espaces. Bruyants, ils sont facilement repérés par les chasseurs et en zone habitée ou orpaillée, ils deviennent rares.

La viande est excellente, mais sur le dos, ils portent une glande qui doit être retirée, car elle secrète une odeur musquée qui rend la viande inconsommable.Il en va de même pour les parties génitales. Souvent les hardes sont suivies par des oiseaux criards et très bruyants, les Cans-cans. Les fauves sont friands de pécaris et les jaguars, puma, jagarondis sont leurs principaux prédateurs et il est fréquent de trouver des traces de fauves sur les traces de pécaris.

Les populations de pécaris sont en net déclin à cause de la chasse et les densités de population sont bien inférieures à ce qu’elles sont ailleurs en Amazonie, là où des législations sur la chasse existent. En 1994 sur l’Approuague, j’ai été témoin d’un massacre. Deux chasseurs professionnels qui travaillent pour un notable de Régina ont croisé un troupeau d’environ 80 pécaris qui traversaient le fleuve en nageant. Ils ont tiré dans le tas, les exterminant jusqu’au dernier. Ils ont pu en repêcher moins d’une dizaine, les autres ayant coulé avant d’avoir pu être attrapés !!!

Quelques jours plus tard, le chasseur d’un camp de vacances en tuait huit, la quasi-totalité du groupe pour nourrir ses touristes...

Avec ce rythme de destruction, il devient de plus en plus difficile d’en apercevoir et c’est bien dommage. Alors, oubliez votre fusil et prenez un appareil photo ou une caméra vidéo, vous aurez bien plus de plaisir à partager avec vos proches vos découvertes qu’à exterminer les derniers représentants de la faune guyanaise.


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