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Saul - Crique Calebasse - Approuague

26/06/2010 - Lu 834 fois
Expédition de Saül à Régina sur l'Approuague (Guyane française) par deux curieux à l'inextinguible soif d'aventure.

C’était un soir d’hiver, dénué de tout exotisme et noyé dans cette grisaille coutumière des latitudes parisiennes. Florian fêtait son départ pour la Guyane, où il allait dispenser ses bons soins de médecin.

 

Après une dernière accolade amicale, il nous dit « bon, n’hésitez pas à venir me voir là-bas, il y aura toujours un peu de place pour vous ». J’avais déjà bien anticipé cette proposition, et ma réplique ne me demanda guère de réflexion « Eh ben écoute, ça sera avec grand plaisir. Mais j’aimerai bien faire un truc un peu ‘roots’, genre longue ballade dans la jungle, avec de la boue et des larmes. Alors si tu as une idée et si tu es motivé, n’hésite pas à proposer ! »

 

Quelques semaines plus tard, un mail me mit de bonne humeur pour toute la journée. Florian m’écrivait, ainsi qu’à l’un de ses amis qui m’était inconnu : « Bon les loulous, l’aventure vous tente toujours ? Ca vous dit une descente en canoë ? On peut se faire soit la Mana, vingt et un jours pour quatre cents kilomètres ; soit l’Approuague, seize jours environ, deux-cent soixante-dix kilomètres ». Je devais être particulièrement sage ce jour là - à moins que ce ne fut de la couardise – car je choisis la facilité (de la boue et des larmes, d’accord, mais pas trop quand même !) : « Eh bien, pour un coup d’essai l’Approuague devrait nous suffire non ? ».

 

Il nous semblait plus sage de partir à quatre équipiers et deux canoës, aussi nous fallait-il un quatrième luron pour compléter l’équipage. Il ne viendra jamais et l’équipe maigrit davantage : de trois nous devînmes deux, l’ami inconnu, plus sage sans doute, préféra renoncer. Mais notre imagination était déjà par trop excitée, tout comme notre soif d’aventure, pour qu’il ne soit question d’abandonner : qu’à cela ne tienne, nous partirons donc à deux !

 

Le projet initial est mûri et arrêté. Après quelques recherches préliminaires, il semblerait que deux semaines suffisent pour toute l’aventure. Par précaution – et peut-être un peu par paresse - Nous décidons pourtant de ne pas nous presser, et de prévoir trois semaines de voyage. Trois jours de marche devraient suffire pour nous mener tranquillement, avec tout notre matériel, de Saül à la crique Calebasse. La descente de la crique Calebasse devrait être faisable en six jours ; après quoi, si tout se passe comme prévu, nous devrions pouvoir goûter aux joies simples d’une croisière de huit à dix jours sur l’Approuague, profiter pleinement de la forêt, de sa faune incomparable, et pianoter à loisir sur toute la gamme des émotions humaines. Si tout se passe comme prévu…

 

***

 

Quelques mois ont passé. J’ai de l’eau bien au-dessus de la taille, les deux mains posées sur le rouge flamboyant de notre canoë gonflable. Je suis trempé de la tête aux pieds, agité parfois de frissons fiévreux. La rivière dans laquelle nous évoluons n’est pas très large - dix mètres au plus ; elle est de profondeur très variable - parfois je n’ai pas pied, tandis que dix mètres plus loin l’eau m’arrive à peine au-dessus des genoux - et jonchée de troncs de toutes les tailles. Nous sommes entourés d’arbres. Des arbres devant, derrière, à droite, à gauche, en haut, en bas. Des arbres partout et dans toutes les positions : à la verticale la tête en haut, à la verticale la tête en bas, à l’horizontale, en diagonale, sur l’eau, sous l’eau. Un joyeux mikado. Chaotique. Des bruits de crécelle à la mélodie incertaine complètent ce tableau anarchique.

 

Nous n’avons guère le moral. Et pour cause ! Nous sommes maintenant partis depuis neuf jours, et chaque jour qui se lève nous apporte son nouveau lot de catastrophes. Neuf jours à batailler avec la jungle, et déjà cinq jours de retard sur notre planning initial. Rien ne s’est passé comme nous l’avions envisagé. Notre vitesse de progression est catastrophique : 1200m par jour, pour huit heures d’efforts ! Nous sommes partis en autonomie complète, avec suffisamment de vivres pour trois semaines. Si nous ne sortons pas de la jungle à temps, nous risquons d’avoir faim, très faim.

Je me demande sérieusement pourquoi nous nous sommes engagés dans cette galère.

Je me dis que si les cons avaient un royaume, j’en serais probablement le roi.

 

Florian est aussi dans l’eau, à l’avant du canoë. Un tronc a interrompu notre progression, pour la nième fois de la journée. Il se retourne, cherche quelque chose sur le bateau qu’il ne trouve pas, et me lance : « où est la machette ? »

Mes yeux balaient le canoë. Je farfouille brièvement dans mes souvenirs mais seule une pensée sombre, très sombre, se présente à mon esprit.

« Et merde ! » Je n’ai pas pu m’empêcher de crier. Je tape de fureur sur le bateau, impassible, comme il l’a toujours été depuis le début du voyage. Mon poing rebondit avec violence. « Fait chier !! » Je viens de réaliser que nous avons perdu notre unique machette, notre sésame, la clé de ces lieux. Elle devrait être sur le dessus du canoë ; si elle n’y est pas, c’est que nous l’avons oubliée lors de notre précédent arrêt, ou bien qu’elle a glissé à l’eau, à notre insu, et malgré notre extrême prudence.

Pour nous la signification de cet évènement en apparence anodin est très simple : sans machette, nous sommes coincés ici ; avancer comme reculer me semble impossible.

Une rage sourde bout en moi. Je veux exploser, utiliser dans un ultime effort toutes les forces qu’il me reste pour m’extirper une fois pour toute de cette jungle qui s’accroche à chacun de nos pas, qui lacère nos chairs et frustre sans le moindre effort chacune de nos tentatives pour échapper à ses pièges. 

 

***

 

Neuf jours auparavant...

 

La porte claque ; elle se referme sur mon univers de confort, de modernité et de satiété. Dans quelques heures je serai dans l’humidité de la Guyane et, dans quelques jours, je goûterai la pénombre et la touffeur (du moins c’est ce que je crois) de la forêt amazonienne. Florian et moi passerons trois semaines seuls, livrés à nous-mêmes et à la jungle, à évoluer à pied et en canoë, dans un univers aux règles différentes, nouvelles, qu’il nous faudra assimiler et respecter au plus vite si nous voulons mener ce voyage à son terme. Il paraît que la forêt « ne pardonne pas ».  J’ai encore bien du mal à comprendre ce que cela peut bien signifier ; on me l’a tellement répété que je le sais, mais je n’arrive pas à en avoir conscience.

 

Je descends mon escalier de cinq étages avec prudence, d’un pas rendu incertain par plus de quarante kilos de matériel répartis en quatre sacs qui s’accrochent à moi: un devant, un derrière, un à droite et un à gauche. Je ne vois pas où je mets mes pieds, et plusieurs fois je rate une marche ; vous savez,  l’une de ces marches traîtres dont regorgent ces escaliers en colimaçon, raides et très étroits, innombrables dans Paris. Cinq minutes après avoir claqué la porte, je frôle déjà l’entorse. Ca promet. Deux grandes pagaies tiennent compagnie aux quatre sacs. Une fois dans la rue, elles se rappellent à mon bon souvenir en baffant les passants - qui m’invectivent ou me sourient, selon leur complexion - ou en s’accrochant, par la poigné, à toutes les aspérités ou excroissances imaginables, même les plus incongrues, qu’elles peuvent rencontrer.

C’est dans cet étrange accoutrement que je me meus ensuite dans le métro puis le RER, ahanant dans les tourniquets d’un métro inadapté au pachyderme que je suis devenu. L’exercice est intéressant, mais j’en apprécie néanmoins la fin : c’est avec un sacré soulagement que, une fois à l’aéroport, je lâche mon fardeau sur un chariot pour me rendre tranquillement à l’enregistrement. Je dispose d’une heure avant le départ de l’avion, normalement tout devrait bien se passer. Normalement…

 

Il doit y avoir un Dieu des apprentis aventuriers, ou une force occulte qui les teste, même dans les situations a priori les plus simples. Au moment de m’engager dans la queue de l’enregistrement, une hôtesse me demande ma carte d’identité (que je lui présente avec un joli sourire, probablement en réponse à ses éclatantes dents blanches), mon billet d’avion (qui suit de près la carte d’identité) et mon certificat de vaccination contre la fièvre jaune.

« Mon quoi ? »

« Votre certificat de vaccination contre la fièvre jaune, Monsieur ».

« Euh…. »

Je prends alors, sans me forcer le moins du monde, un air bête. Mon certificat de vaccination… Oui, bien sûr, je suis vacciné, mais suis-je certifié ? Rien n’est moins sûr. Qu’est-ce que j’ai pu en faire… Ben rien, il doit traîner quelque part dans le fatras de mon bureau. A moins qu’il ne soit au pied de mon lit, ou peut-être déjà dans la poubelle, où il aura fini sa vie, prématurément, par inadvertance.

« - Euh…je crois que je l’ai oublié, pourquoi ? »

« - Et bien parce qu’il le faut ; si vous ne pouvez pas le présenter, vous ne pouvez pas monter dans l’avion. »

Et merde ! La fin de l’aventure semble soudain très proche. Le voyage sera peut-être moins fatiguant que prévu, finalement. Mais moins exotique aussi. Un aller-retour Orly – Strasbourg Saint Denis, c’est un peu court pour trois semaines de divertissement.

 

Mais je ne perds pas espoir. Il n’est pas question d’abandonner avant même d’avoir décollé ! J’ai généralement la chance d’être animé d’une impertinente confiance en l’avenir. En l’occurrence elle m’empêche de baisser les bras : il y a forcément une solution, il s’agit seulement de la trouver.

 

Mon cerveau s’agite un peu, réfléchit, pour s’arrêter sur un souvenir qui réveille un début d’espoir : je me rappelle avoir scanné ledit certificat, comme je le fais, dans un excès de paranoïa, pour tous mes documents importants. Et j’ai dû l’enregistrer, comme tous les autres documents, sur une clé USB. Et comme j’avais encore du travail à rendre avant de pouvoir m’enfoncer enfin, libéré de toutes les servitudes de l’homme moderne, pour trois semaines dans la jungle, j’ai pris ladite clé, qui est donc là, dans ma poche droite. A moins que ce ne soit dans celle de gauche. Mais je doute fort que l’hôtesse, aussi automatique et formatée soit-elle, ne soit pourvue d’un port USB. Elle me le confirme d’ailleurs assez rapidement : elle n’a pas vraiment l’air de comprendre, quand je lui montre fièrement ma clé en disant que le certificat est dessus.

Visiblement je suis 20 ans en avance sur mon temps.

 

Je persévère. Ce qu’il y a de bien, quand on doit rendre un travail en toute urgence, c’est que l’on a tendance à prendre un ordinateur portable pour pouvoir travailler un peu partout (debout dans les toilettes, sur un pied dans le métro ou, plus simplement, assis dans l’avion). Je lui propose donc de brancher ladite clé sur mon petit ordinateur et de lui montrer mon certificat. « Oh là là monsieur, vous êtes trop moderne, nous ne sommes pas encore arrivés là. Ca n’est pas possible ça. Si vous l’avez sur votre clé, essayez de le faire imprimer au guichet de la compagnie, là-bas, près de l’entrée X. »

Je suis malheureusement encore 10 ans en avance sur mon temps.

 

Je fais mine de garer mon chariot et ses quelques kilos, pour partir à la recherche du fameux guichet, mais elle reprend aussitôt « Ah non, vous ne pouvez pas laisser vos affaires comme ça, vous devez les garder avec vous. Et dépêchez-vous, l’enregistrement ferme dans dix minutes. »

Super. C’est beaucoup plus facile de courir dans l’aéroport, de slalomer entre des voyageurs peu pressés d’avancer (pourquoi le seraient-ils ? Leur avion ne décolle que dans trois heures…il n’y a que le mien qui parte dans 30 minutes) avec un charriot. Je fonce donc vers le comptoir de la compagnie, grille de façon éhontée la file d’attente, m’entends dire que « peut-être que ça marchera » puis que « mais de toute façon nous n’avons pas d’imprimante », avant que quelqu’un ne réponde « de toute façon l’ordinateur n’arrive pas à lire votre clé usb ».

Visiblement j’ai encore quelques années d’avance. Mais je ne perds toujours pas espoir de me trouver, un jour, en parfaite symbiose avec l’année 2009.

 

Ils m’envoient vers un point d’information, un peu plus loin sur la gauche. Un peu plus loin sur la gauche, il n’y a pas de point d’information. Par contre, il y a un loueur de voiture. Peu importe, il fera l’affaire : un loueur peut bien se transformer en point d’information, pour peu qu’on lui pose les bonnes questions. En l’occurrence, j’ai bien noté son ordinateur d’allure moderne (modèle 2009… serait-ce un signe ?) connecté à une imprimante, qui m’hypnotise. Je demande au gars derrière l’écran – mais toujours en regardant l’imprimante, comme si je m’adressais à elle, comme si j’essayais de l’ensorceler pour qu’elle réussisse à imprimer mon certificat salvateur – si, par le plus pur des hasards, il aurait l’extrême amabilité de me sortir d’un contretemps très fâcheux duquel lui seul à l’immense privilège de pouvoir me tirer. Il me répond d’un laconique hochement de tête qui contraste très largement avec ma diatribe, s’empare de ma clé, m’invite à lui montrer le bon fichier et, finalement, me sort le certificat de vaccination avec, à son dos, les conditions générales de vente. Je suis enfin en phase avec mon temps !

 

Je retourne tout heureux voir mon hôtesse, cogne à nouveau quelques tendons d’Achille au passage, me faufile sous les regards courroucés des victimes de ma hâte, puis présente à l’hôtesse, tout heureux, les conditions générales de vente.

 

A son regard surpris je constate que quelque chose cloche. Je regarde mon certificat, un peu inquiet, pour constater que je l’ai simplement présenté à l’envers. D’un geste svelte bien qu’un peu nerveux je tourne mon poignet, remplace les conditions générales de vente par le précieux sésame. Elle semble satisfaite. Comme je suis carrément en retard, elle me guide jusqu’au comptoir d’enregistrement, et demande à l’hôtesse de m’enregistrer.

« - Mais le vol est clos, je viens de le fermer »

« - Mais non, normalement ça doit être bon, j’avais prévenu qu’il risquerait d’y avoir un enregistrement tardif. »

« - Attends, je vais voir si c’est possible. » Mon cœur bat un peu plus vite. Après un bref coup de fil, elle revient vers moi. « C’est bon. Votre carte d’identité s’il vous plaît. »

Elle tique.

Elle fait cette moue si caractéristique des personnes agacées, avec des lèvres qui se pincent d’une manière asymétrique, déformant un visage qui en d’autres circonstances aurait pu être joli, le tout accompagné d’un hochement de tête figurant assez clairement toute la vaste étendue de sa contrariété : « Mais votre carte est périmée ! »

« - Ah bon, zut alors, je ne m’en étais pas rendu compte ! Depuis combien de temps ? » (Généralement je suis un assez mauvais menteur, mais là je fais un effort tout particulier pour avoir l’air crédible)

« - Ca fait presque un an. »

« - Oups. »

« - Dis, Sophie, on accepte les cartes d’identité périmées pour la Guyane ? »

Petit moment d’attente et de suspense, nouvelle tachycardie, puis :

« - Oui, pendant cinq ans après la date de péremption. »

Ouf.

« Vous avez des bagages ? Mettez-les sur le tapis »

L’aiguille des secondes se meut deux fois.

« Mais vous avez 39 kilos ! Vous êtes en excédant ! »

(Sans blague !)

« Ah mais ça ne va pas du tout ça ! Vous vous rendez compte que l’avion va partir, qu’il faut encore que vous alliez payer votre surplus et qu’ensuite vous passiez les formalités de sécurité ! »

« … »

Mon imagination ne trouve guère de quoi répondre. Elle a bien raison, mais de toute façon je le prendrai, cet avion, alors à quoi cela sert-il de s’énerver ?

 

Son visage passe malgré tout de l’agacement à l’irritation la plus complète. Je lui adresse un sourire coincé de contrition, et bafouille quelques excuses stupides du genre « si nous avions été 20 ans plus tard, l’hôtesse aurait été dotée d’un port USB et je n’aurais pas été en retard ; si nous avions été seulement 10 ans plus tard, elle aurait su lire un écran d’ordinateur, et je n’aurais pas été en retard non plus ; enfin, si nous avions été ne serait-ce que quelques années plus tard, il y aurait eu une imprimante, ou plutôt un ordinateur, qui parle la même langue que ma clé USB et j’aurais pu être à l’heure. Mais nous sommes dans notre temps et il m’a donc fallu le remonter et ça, ça prend du temps. Donc je suis en retard. Vous voyez ce que je veux dire ? »

Certes, mon excuse n’était pas formulée exactement en ces termes, mais son sens global en était assez proche. Toujours est-il que, maintenant, elle ne peut plus reculer, elle a commencé mon enregistrement et elle doit donc aller jusqu’au bout. Elle se plie à ce fatalisme, engoncée désormais dans un profond mutisme exaspéré.

Lui demander son numéro de téléphone à ce moment là ne serait probablement pas une excellente idée… Elle est trop âgée pour moi de toute façon.

Elle me tend mon billet, m’indique sèchement l’heure d’embarquement - dépassée de 30 min - ainsi que la porte d’embarquement, avant de me préciser qu’il me faut aller de toute urgence (« ne faites pas la queue, passez directement ! ») payer mon surplus de bagage au comptoir de la compagnie, sans quoi je ne peux pas embarquer. Je m’exécute, retourne donc au comptoir de la compagnie, court-circuite de nouveau la file d’attente sous le regard toujours aussi inquisiteur des autres clients,  règle mon dû, passe les formalités de sécurité, puis me précipite en salle d’embarquement.

 

La compagnie s’avère être encore plus en retard que moi. L’embarquement n’est pas encore terminé, alors que l’avion aurait déjà dû partir. Je peux même m’offrir le luxe de m’assoir deux minutes pour repenser à ce qui m’attend, là-bas, à quelques milliers de kilomètres.

 

L’univers vers lequel je m’envole n’existe, pour le moment, que dans mon imagination, esquissé à partir d’a priori et de quelques lectures volées à la hâte dans la précipitation des derniers jours de préparation. Mais c’est précisément cela qui m’attire, et c’est pour cela que je pars : tout un monde imaginaire, peuplé de craintes, d’attentes et d’espoirs, à déflorer ; toute une histoire, entre mythe et réalité, à vivre puis à raconter. Pour rien au monde je n’aurais voulu faire ce voyage dans un environnement qui m’eût été familier, qui eût été volé à mon imagination par quelques souvenirs. Je pars vers l’inconnu, et c’est précisément là que je veux aller ; c’est vraiment lui que je veux rencontrer, tâter du doigt, dévoiler.

 

Je suis l’antépénultième passager à embarquer. L’honneur est sauf.

La Guyane - Cayenne

Comme on dit souvent, la suite au prochain numéro...

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Auteur : Vincent Kienzler infos sur l'auteur | contactez l'auteur | le site de l'auteur